Situation actuelle

Contexte actuel: accessibilité au transport en commun des personnes à faible revenu

Qui est concerné à Québec?

Selon les données les de Statistique Canada du recensement de 2016, 37 000 personnes de 18 à 64 ans de Québec gagnant sous le Seuil de faible revenu3Statistiques Canada, Recensement de 2016. Parmi celles-ci, excepté celles qui ont un statut d’étudiant à temps plein (ce qui reste évidemment une situation temporaire) et les quelques unes dont l’employeur adhère au programme de l’abonne Bus travailleur, aucune n’a accès à une réduction sur ses titres de transport. Globalement, les besoins de ce groupe social ne sont peu connus et considérés dans la planification des services de transport en commun alors que c’est la partie de la population qui dépend le plus du transport en commun pour ses déplacements.

La mobilité et le problème de l’exclusion sociale

Le transport en commun constitue un besoin essentiel à une vie décente, un service public indispensable pour permettre la participation économique, politique, culturelle, sociale, des citoyennes et citoyens. Selon le Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion, dans notre société contemporaine, la disponibilité d’un moyen de transport ou la possibilité d’y accéder demeure un élément primordial pour assurer la mobilité des personnes à faible revenu et ainsi favoriser leur inclusion sociale. L’accès à un moyen de transport constitue un enjeu majeur pour les personnes en situation de pauvreté. Le transport est un instrument indispensable de participation économique et sociale puisqu’il constitue le cadre d’organisation de la vie quotidienne4Comité consultatif de lutte à la pauvreté et l’exclusion sociale. La mobilité, un droit déterminant. Bulletin no 20, novembre 2016..

Raisons pour lesquelles les personnes à faible revenu sont exclues du transport en commun

Coût trop élevé

Plus une personne vit dans la pauvreté, plus il lui est nécessaire de se déplacer en transport en commun pour avoir accès à des services. Le coût du transport occupe une place très importante dans son budget et cela a une incidence sur sa capacité à répondre à ses besoins de base.

Des données qualitatives comme quantitatives de notre enquête confirment que le transport en commun est trop dispendieux pour les personnes à faible revenu. 88 % des participantes et les participants gagnant moins de 12 000 $ pensent que le transport en commun est trop cher ou vraiment trop cher pour eux. Qui plus est, le coût élevé du transport en commun fait en sorte que de nombreuses personnes ne peuvent se rendre dans les organismes où ils s’impliquent ou reçoivent des services.

Obstacles pour subvenir à des besoins essentiels

Dans le cadre de la campagne électorale de même que dans les consultations publiques, élus, administrateurs et médias, prennent pour acquis que se déplacer en voiture ou en transport en commun est un CHOIX. Ils oublient que pour plusieurs personnes, se déplacer en transport en commun n’est pas une option puisqu’elles n’ont pas les moyens de s’acheter une voiture !

Dans les secteurs périphériques au centre-ville, mais encore davantage dans une banlieue de la troisième couronne, la ville ne s’est plus développée de façon organique, c’est-à-dire en centralisant toutes les fonctions au centre d’un quartier ou d’une communauté, mais par la disparité géographique de chaque service. Ainsi, les services sont éloignés les uns des autres et sont pensés en fonction des déplacements en automobile. Au centre-ville, plusieurs services essentiels sont aussi loin d’être accessibles. Par exemple, certaines cliniques médicales quittent le centre ville et les gens doivent faire de longues distances en autobus pour avoir accès à un médecin.

Si l’accès à plusieurs services pose problème, le manque d’accès à plusieurs pôles d’emploi est aussi très préoccupant : L’horaire du transport en commun est pensé pour les emplois 9h à 17h, alors qu’une bonne partie des personnes dépendantes du transport en commun pour leurs déplacements ont des horaires atypiques. Par exemple, les travailleurs de la santé, les agentes et les agents de sécurité etc., avec des horaires sur 24 heures. La desserte vers les parcs industriels et d’autres pôles d’emplois comme les aires commerciales (Mégas centres) est vraiment insuffisante.

De façon plus générale, qui dit accès aux au transport en commun dit aménager des voies piétonnes et cyclables de sorte que l’accès au réseau d’autobus soit facilité. Ainsi, l’aménagement des divers modes de transport doit vraiment être complémentaire et intégré.

Des quartiers enclavés

Plusieurs personnes à faible revenu dépendent du transport en commun pour sortir de leur quartier et briser leur isolement. Sans compter les lieux publics comme la Base de plein air de Sainte-Foy qui ne sont desservis par aucun transport en commun, plusieurs secteurs défavorisés se trouvent «désertés» par des services de proximité De nombreuses personnes ont mentionné que le manque d’accès au transport en commun aggrave leur isolement social.

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